Lune de sang dans la Bible : ce que Joël a vraiment dit
Personne, dans les Écritures, n'a jamais observé une éclipse lunaire pour ensuite la consigner.
C'est par cette absence que doit commencer la signification de la lune de sang dans la Bible. Les lunes rouges n'étaient pas rares : le catalogue de la NASA couvrant cinq millénaires compte 3,479 éclipses lunaires totales entre 2000 av. J.-C. et 3000 apr. J.-C., soit environ sept par décennie sur toute la période biblique. Israël ouvrait chaque mois à la nouvelle lune ; chacun pouvait donc savoir quand attendre la pleine lune. Les Israélites ont vu les lunes cuivrées. Pourtant, aucun prophète, chroniqueur ou évangéliste n'en rapporte une seule.
Les Écritures offrent plutôt une phrase de Joël : « Le soleil se changera en ténèbres, et la lune en sang, avant l'arrivée du jour de l'Éternel, de ce jour grand et terrible ». — Joël 2:31. Pierre la reprend à la Pentecôte et Jean la remanie au sixième sceau. C'est un langage grave au sujet d'un jour réel, mais il appartient à une vaste famille d'images de jugement. Y lire une prévision d'éclipse est une habitude moderne, pas la leur.
Pourquoi la Lune devient rouge — et pourquoi cela continuera
Le nom induit en erreur. Pendant une éclipse lunaire totale, la Lune ne s'éteint pas. Elle devient cuivrée, puis rouille, puis presque couleur de sang séché, tout en restant éclairée.
Deux conditions doivent coïncider : une pleine lune et le passage de la Lune dans le plan de l'orbite terrestre à ce moment-là. Son trajet est incliné d'environ cinq degrés ; la plupart des pleines lunes passent donc au-dessus ou au-dessous de l'ombre terrestre. Quand la géométrie s'aligne, la Lune y entre.
Elle devrait alors devenir noire. Ce n'est pas le cas, car la Terre possède une atmosphère. La lumière solaire se courbe en la traversant, tandis que le bleu se disperse. Selon l'explication de la NASA, la lumière bleue se diffuse assez facilement dans l'atmosphère terrestre, alors que la lumière rouge la traverse plus directement. C'est ce rouge restant qui atteint la Lune.
Depuis la surface lunaire, on verrait un disque noir cerclé de feu : tous les levers et couchers de soleil de la Terre embrasés en même temps.
Sept fois par décennie. À l'époque d'Ésaïe et d'Amos, à la Pentecôte, à Nicée et mardi dernier. Quoi qu'elle signifie, une lune de sang n'a jamais été rare.
Le sens biblique de la lune de sang commence par une invasion de sauterelles
Joël ne décrit pas l'astronomie. Il décrit une catastrophe : une invasion de sauterelles qui a dénudé le pays, dans un livre qui s'ouvre sur des vignes ravagées et des greniers vides. Au milieu de ces ruines, il annonce le jour de l'Éternel, et le ciel participe au bouleversement.
Le verbe hébreu traduit par « se changera » est hafak : renverser, bouleverser, le verbe employé lorsque Sodome est détruite. Joël ne dit pas simplement que la Lune changera de teinte. Il annonce le renversement de tout l'ordre des choses.
Il n'est pas seul. À propos de Babylone, Ésaïe dit : « Le soleil s'obscurcira dès son lever, et la lune ne fera plus luire sa lumière ». — Ésaïe 13:10. Sept versets plus loin, il nomme ceux qui arrivent : les Mèdes. Ézéchiel emploie la même image pour l'Égypte (32:7). Amos fait coucher le soleil à midi. Des annonces d'armées et d'empires formulées comme l'effondrement du ciel.
Remarquez leur point commun : les luminaires s'éteignent. Seul Joël parle de sang, et une Lune éclipsée ne s'éteint pas ; elle reste éclairée, à l'inverse de ce que décrivent ces textes. La Lune rougit aussi sans éclipse, près de l'horizon ou à travers la fumée. Si Joël avait voulu dire cela, les mots courants existaient.
Suivre la citation : de Joël aux Actes, puis à l'Apocalypse
Pierre se lève à Jérusalem le matin de la Pentecôte. La foule accuse ses compagnons d'être ivres, et il déclare : « c'est ici ce qui a été dit par le prophète Joël ». — Actes 2:16. Puis il cite l'oracle entier, soleil et lune compris. On est en milieu de matinée. Il n'y a pas d'éclipse. Personne, dans Actes 2, ne lève les yeux. Pierre cite le soleil obscurci et la lune ensanglantée pour commenter ce qui remplit la pièce : vent, feu et hommes sans formation parlant des langues qu'ils n'ont jamais apprises.
Les lectures sincères divergent. Certains estiment que l'oracle entier s'est ouvert ce jour-là, son langage cosmique marquant l'arrivée du dernier âge. D'autres pensent que seul le déversement de l'Esprit a commencé et que les signes célestes restent futurs. D'autres encore voient un accomplissement commencé à la Pentecôte et achevé à la fin. Day 4 ne prétend pas trancher : tous lisent attentivement la même page.
Voici un détail intéressant, proposé comme curiosité et non comme preuve. Dans Nature en 1983, Colin Humphreys et Graeme Waddington ont suggéré qu'une éclipse lunaire partielle se levant sur Jérusalem le soir du 3 avril 33 apr. J.-C. pouvait être le référent de la lune changée en sang. Bradley Schaefer a répondu dans le Quarterly Journal of the Royal Astronomical Society en 1990 qu'elle y aurait été presque imperceptible. C'est un désaccord entre chercheurs sérieux ; même dans cette reconstruction, Pierre désignerait rétrospectivement un fait achevé, non un avertissement futur. L'autre moitié, l'obscurité de la crucifixion, possède son propre débat sur sa propre page.
Apocalypse 6:12 reprend le fil au sixième sceau : « le soleil devint noir comme un sac de crin, et la lune entière devint comme du sang ». Joël dit en sang ; Jean dit comme du sang, une comparaison. Et Jean continue : les étoiles tombent comme des figues vertes d'un arbre secoué, le ciel s'enroule comme un livre, chaque montagne et chaque île sont déplacées. Ce n'est pas la description d'une seule soirée observable.
Une lune de sang a-t-elle déjà précédé quelque chose ?
La question mérite mieux qu'un sourire moqueur. Regarder une lune rouge monter au-dessus des toits et sentir qu'elle signifie quelque chose, c'est réagir comme le ciel invite à le faire.
Prenons donc l'affirmation dans sa forme la plus forte. Mark Biltz l'a d'abord popularisée, puis le livre de John Hagee, Four Blood Moons, s'est énormément vendu en 2013. Tous deux s'appuient sur la tétrade : quatre éclipses lunaires totales successives, sans éclipse partielle entre elles. La tétrade de 2014–15 est tombée le 15 avril 2014, le 8 octobre 2014, le 4 avril 2015 et le 28 septembre 2015, chaque date correspondant à Pessa'h ou Souccot. Ce n'était pas la première. Une tétrade a couvert 1949–50, première année complète de l'État moderne d'Israël, et une autre a commencé le 24 avril 1967, six semaines avant la guerre des Six Jours. Quatre sur quatre, trois fois, autour de dates majeures de l'histoire juive moderne. Ce n'est pas un argument insensé.
Mais il omet le mécanisme suivant.
Une éclipse lunaire exige une pleine lune. Les mois hébraïques commencent à la nouvelle lune, donc la pleine lune tombe toujours près du 15 : Pessa'h est le 15 Nisan et Souccot le 15 Tishri. Cela est généralement reconnu. Ce qui l'est moins, c'est l'espacement. Comptez les intervalles entre les dates de 2014–15 : 176 jours, puis 178, puis 177. Toujours six mois lunaires, car les saisons d'éclipses reviennent deux fois par an et six lunaisons les séparent.
Plaçons maintenant les deux séquences côte à côte. Nisan est le premier mois, Tishri le septième. Ils sont séparés de six mois, exactement comme les éclipses d'une tétrade. L'alignement entier se décide donc à la première éclipse : placez la première le 15 Nisan, et les numéros deux, trois et quatre arrivent le 15 Tishri, le 15 Nisan et le 15 Tishri sans nouvelle coïncidence. Une seule coïncidence comptée quatre fois.
Le dossier complet produit précisément ce résultat. Les catalogues recensent 62 tétrades depuis le premier siècle, et huit seulement placent les quatre éclipses sur les deux fêtes. Les échecs sont eux aussi groupés : la tétrade de 1985–86 a commencé le 4 mai, celle de 2003–04 le 16 mai ; dès que la première tombe hors de la mi-Nisan, les quatre sont décalées. La chaîne se rompt aussi dans l'autre sens : le calendrier hébraïque insère un treizième mois sept fois en dix-neuf ans, éloignant les fêtes d'une lunaison entière du rythme des éclipses.
Des milliers de lunes de sang se sont levées depuis Joël, et des événements importants surviennent sans cesse ; toute éclipse aura donc quelque chose de marquant à proximité. Ce n'est pas un signal, seulement l'aspect d'un monde chargé d'événements à côté d'un phénomène régulier. D'ailleurs, trois des quatre éclipses de 2014–15 n'étaient pas visibles depuis Israël. Pour les dates plutôt que l'interprétation, consultez la prochaine éclipse lunaire totale et ses zones de visibilité ; la question sous-jacente est examinée dans sommes-nous dans les derniers jours ?.
Questions fréquentes
Que dit réellement la Bible au sujet des lunes de sang ?
Très peu directement. Joël 2:31 dit que la lune sera changée en sang avant le jour de l'Éternel. Actes 2:20 le cite. Apocalypse 6:12 dit que la lune devint comme du sang au sixième sceau. C'est tout : aucun passage ne décrit une éclipse lunaire, ne fournit un calendrier ni ne demande de guetter une éclipse.
Une éclipse lunaire totale est-elle un signe de la fin des temps ?
Rien dans l'Écriture ne le dit, et les éclipses sont beaucoup trop fréquentes pour servir de repère : environ sept par décennie en moyenne longue, groupées plutôt que régulièrement espacées. Les chrétiens divergent sincèrement sur la question de savoir si les signes célestes de Joël restent futurs, et ce débat mérite d'exister. Mais une éclipse suit une mécanique orbitale calculable des siècles à l'avance.
Quel lien unit Joël 2, Actes 2 et Apocalypse 6 ?
Une chaîne de citations. Joël donne l'oracle. Pierre le cite à la Pentecôte en disant « c'est ici », l'appliquant à l'Esprit déversé ce matin-là, sans éclipse en vue. Jean réutilise les images au sixième sceau, avec des étoiles qui tombent et un ciel qui s'enroule comme un livre. Chaque auteur hérite du langage ; aucun ne le traite comme un compte rendu d'observation.
Les lunes de sang ont-elles déjà annoncé des événements ?
Quelque chose suit chaque lune de sang, puisque quelque chose suit tout. La forme la plus forte de l'affirmation est la tétrade : quatre éclipses totales successives à Pessa'h et Souccot, comme en 1949–50, 1967–68 et 2014–15. Mais les éclipses d'une tétrade sont espacées de six mois lunaires, comme les deux fêtes ; dès que la première tombe au milieu du mois, les autres suivent automatiquement. Sur 62 tétrades depuis le premier siècle, huit seulement y sont parvenues.
Le matin où personne n'a levé les yeux
Remarquez où se tenait Pierre lorsqu'il a cité Joël. En milieu de matinée, sous un ciel ordinaire de Jérusalem, sans que personne ne l'observe. Il a montré la pièce et déclaré : c'est ici.
La Lune continuera de devenir cuivrée selon son propre calendrier. Les catalogues placent la prochaine éclipse totale tout à la fin de 2028, suivie de centaines d'autres. Regardez-en une lorsqu'elle sera visible chez vous : la couleur mérite qu'on s'arrête. Mais n'attendez pas d'elle des nouvelles. Quelle que soit l'étendue finale de l'oracle de Joël, Pierre a dirigé sa ville vers ce qui se trouvait dans la pièce et n'a demandé à personne d'aller observer le ciel.
La Genèse place les luminaires « pour servir de signes et pour marquer les époques » : des témoins à observer, non des présages à décoder, différence qu'explore les luminaires qui mesurent le temps. Day 4 leur réserve une petite place, avec un widget lunaire dans l'écran Prière et un signe dans le ciel parmi les cartes quotidiennes de Manne. L'application ne prévoit pas les éclipses, ne calcule pas leur visibilité là où vous vivez et ne lit pas une lune rouge comme un avertissement : son année suit le Soleil et l'équinoxe de mars. La méditation du jour, la date sacrée et le prochain sabbat sont gratuits sur iPhone, iPad, Android et le Web, sans compte.
Sources :