← Retour au blog

Qu’est-ce que Chemini Atseret ? Le huitième jour qui se tient à part


Les sept jours commandés sous les huttes sont terminés, mais le calendrier demande de ne pas encore partir. Qu’est-ce que Chemini Atseret ? C’est l’assemblée du huitième jour que le Lévitique et les Nombres rattachent aux sept jours de Souccot : une sainte convocation, aucun travail ordinaire et une offrande distincte dont le compte des taureaux revient à un. La Torah ne commande aucune hutte pour ce jour. La loi juive en fait à plusieurs égards une fête à part entière, tandis que son nom continue de compter depuis les sept jours précédents. Plusieurs groupes chrétiens l’appellent le Dernier Grand Jour. La tension entre lien et distinction vient directement des sources.

Ce que les sept jours remettent au suivant

Lévitique 23 place la fête d’automne au quinzième jour du septième mois et la fait durer sept jours. Puis le verset 36 ajoute encore un jour :

« Le huitième jour, vous aurez une sainte convocation, et vous offrirez à l’Éternel des sacrifices consumés par le feu. Ce sera une assemblée solennelle ; vous ne ferez aucune œuvre servile. » — Lévitique 23:36

Les Nombres le disent plus brièvement : « Le huitième jour, vous aurez une assemblée solennelle ; vous ne ferez aucune œuvre servile. » — Nombres 29:35

Placez maintenant ces phrases près du commandement qui a donné son nom à la semaine. Habiter dans des huttes est explicitement une instruction de sept jours ; il en va de même pour les commandements de prendre des branches et de se réjouir en Lévitique 23:40–42. Le huitième jour se trouve en dehors de ces durées déclarées. Ses exigences bibliques sont l’assemblée, le repos et les offrandes. En Israël, le séjour dans la hutte s’achève donc ; certaines coutumes de la diaspora prennent encore leur repas dans la soucca à Chemini Atseret sans réciter la bénédiction de la hutte.

Ce détail travaille davantage qu’un slogan. Le huitième jour dépend de Souccot pour son numéro, mais il ne répète pas simplement les sept jours précédents.

Qu’est-ce que Chemini Atseret : le huitième jour de Souccot ou une fête distincte ?

Les offrandes rendent la distinction visible. Nombres 29 fait descendre le nombre de taureaux tout au long de la fête : treize le premier jour, douze le deuxième, puis ainsi de suite jusqu’à sept le septième. Faites la somme.

13 + 12 + 11 + 10 + 9 + 8 + 7 = 70.

Soixante-dix taureaux sur une semaine, selon un rythme qui diminue chaque jour. Puis le huitième arrive et le nombre ne baisse pas d’une unité supplémentaire. Il s’effondre. Un taureau. Un bélier. Sept agneaux.

Il s’agit d’un autre schéma sacrificiel : sept jours d’abondance décroissante, puis le huitième qui ramène le compte à un. L’offrande complète du jour comprend également un bélier, sept agneaux, un bouc ainsi que des offrandes de grain et de vin ; parler d’« un seul sacrifice » serait donc faux. La loi juive ultérieure traite Chemini Atseret comme une fête à part entière pour plusieurs questions, tout en maintenant son rattachement à Souccot.

Dans le compte fixe de Day 4, fondé sur une année de 364 jours, cette indépendance se voit au lieu d’être argumentée. Puisque 364 se divise par sept sans reste, chaque temps fixé conserve le même jour de l’année et le même jour de la semaine d’une année à l’autre. Rien ne glisse. Le huitième jour apparaît donc sur l’écran Calendar comme une case marquée à part, avec son propre nom, et non comme ce qui reste à l’extrémité d’une semaine ; l’écran Feasts lui donne aussi sa propre entrée en langage simple.

Atseret : une assemblée ou le fait d’être retenu

Le mot hébreu se traduit de plusieurs manières, et la tradition a tiré parti de cette amplitude.

Comme nom, il désigne un rassemblement solennel : les prophètes l’emploient pour l’assemblée à laquelle une nation est convoquée, parfois avec ferveur, parfois dans la bouche d’un Dieu qui n’en veut pas. D’où la traduction courante en anglais par « solemn assembly », assemblée solennelle.

La racine verbale peut porter l’idée de retenir, de différer ou d’empêcher — la même famille de mots que lorsque la pluie est retenue. Les interprètes ont donc placé une seconde possibilité à côté de l’assemblée : un jour où l’on est retenu. À elle seule, l’étendue lexicale ne prouve pas la nuance voulue par le Lévitique.

La tradition rabbinique a développé ce second sens au moyen d’une parabole : un roi a donné un festin à ses invités toute la semaine ; les voyant faire leurs bagages, il leur dit de rester encore un jour, car la séparation est difficile. Personne ne peut établir que cette pensée était présente à l’esprit de l’auteur de Lévitique 23. L’ambiguïté appartient néanmoins au mot au lieu de lui être simplement imposée.

Pourquoi la prière pour la pluie commence ce jour-là

Placez-vous dans le pays à la fin de cette semaine. La fête marque la récolte rentrée, puis l’année agricole se tourne vers la saison des pluies. À ce moment-là, l’eau ne peut pas rester une abstraction.

La liturgie change donc ici avec la Tefillat Guechem et commence à louer Dieu comme celui qui fait souffler le vent et tomber la pluie. Une précision compte : la demande régulière de pluie ne commence pas à Chemini Atseret. En Israël, elle débute le 7 Hechvan afin de laisser aux pèlerins le temps de rentrer ; les calendriers de la diaspora suivent une date saisonnière plus tardive. La louange commence ici. La requête des jours ordinaires attend.

Dans la pratique ashkénaze, c’est aussi l’une des fêtes où l’on récite Yizkor, la prière à la mémoire des morts. La pluie et la mémoire se rencontrent dans le même office. Cette association est une particularité liturgique ultérieure, pas l’explication donnée par les Nombres pour le taureau unique.

Le Dernier Grand Jour et le fil du huitième jour

« Le dernier jour, le grand jour de la fête, Jésus, se tenant debout, s’écria : Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive. » — Jean 7:37, KJV

Plusieurs Églises sabbatistes lisent ce verset comme le nom du huitième jour, et le Dernier Grand Jour est devenu leur désignation. D’autres comprennent « le dernier jour » comme le septième — celui des grands circuits, lorsque l’eau puisée au bassin était encore versée — et placent ainsi le cri au cœur de la cérémonie plutôt que le lendemain matin. L’Évangile ne numérote pas le jour. Des interprètes sérieux défendent les deux lectures, et cet article ne les départagera pas. La cérémonie est présentée dans les cérémonies de l’eau et de la lumière à Souccot, et le septième jour dans l’explication de Hochana Rabba.

Le motif plus large du huitième jour se répartit honnêtement en deux groupes.

Ce que dit le texte : la circoncision est commandée au huitième jour. L’ordination des prêtres dure sept jours et Aaron sert le huitième. L’assemblée de Néhémie après la fête tombe le huitième jour, « selon la règle ».

Ce que les lecteurs ajoutent : le huitième jour comme lendemain de la semaine complète, comme jour de la résurrection, comme âge qui commence lorsque celui-ci a parcouru ses sept jours. Les premiers auteurs chrétiens ont fait ce rapprochement et beaucoup le trouvent encore lumineux. Il pourrait fort bien être juste. Mais c’est une lecture posée sur le texte, pas une phrase que l’on y prélève. Tenez-la comme une intuition plutôt qu’une preuve et laissez votre voisin la peser autrement.

Questions fréquentes

Le huitième jour fait-il partie de Souccot ou constitue-t-il une fête distincte ?

Les deux réponses ont des appuis, d’où la survie de la question. Le jour se compte depuis Souccot : « le huitième jour » n’a de sens que par rapport aux sept. Mais le commandement de la hutte, les branches et les soixante-dix taureaux s’arrêtent tous au septième, tandis que le huitième possède sa propre convocation et sa propre offrande. La loi juive le traite comme une fête à part entière.

Que signifie « atseret » : assemblée ou fait d’être retenu ?

Le nom est couramment traduit par « assemblée solennelle », ce qui est solide. Sa racine verbale peut aussi signifier retenir ou différer ; les lectures traditionnelles en tirent l’image d’hôtes retenus un jour de plus. Le mot permet cette association, mais n’oblige pas chaque interprète à fusionner les deux sens.

Pourquoi certaines Églises l’appellent-elles le Dernier Grand Jour ?

Le nom vient de la formulation de Jean 7:37 dans la King James — « le dernier jour, le grand jour de la fête » — que plusieurs traditions sabbatistes comprennent comme le huitième plutôt que le septième jour. Une théologie s’est ensuite attachée au nom : le huitième jour comme rassemblement final après les sept. D’autres chrétiens lisent le verset comme le septième jour. L’Évangile laisse la question ouverte.

Est-ce ce jour-là que Jésus s’est levé et a crié en Jean 7:37 ?

Peut-être. Tout dépend de savoir si « le dernier jour, le grand jour » compte jusqu’à sept ou jusqu’à huit, et Jean ne le dit pas. La libation d’eau qui donne toute sa force à l’image de la soif durait sept jours ; certains y voient une preuve décisive en faveur du septième. D’autres répondent que le grand jour est précisément le jour ajouté. Les indices restent minces dans les deux sens.

Quelle que soit votre conclusion sur Jean 7, la Torah ne donne au huitième jour aucune exigence de hutte ou de branche. Vous vous arrêtez, vous vous rassemblez et vous demandez la pluie que vous ne pouvez pas produire. Lisez-le près de la semaine qui le précède dans la fête des Tabernacles pour les chrétiens, puis près du cycle de lecture qui lui succède dans l’explication de Sim’hat Torah — trouvez ensuite ce jour sur le calendrier et donnez-lui le matin qu’il réclame.

← Retour au blog